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Je rejoins eDreams ODIGEO : le SEO à l'échelle d'un groupe coté

Après trois ans à Barcelone, je rejoins le premier vendeur de billets d'avion en Europe. Plusieurs marques, plusieurs marchés, une organisation de plus de 2 000 personnes : une autre manière de faire du référencement.

Publié le  Mis à jour le 
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Ce que change une entreprise cotée en bourse

eDreams ODIGEO est coté à la bourse de Madrid. Cette seule caractéristique transforme la façon dont on travaille, bien plus que je ne l'imaginais avant d'y entrer.

Une entreprise cotée raisonne par trimestres, publie ses résultats, rend des comptes à des analystes. Chaque initiative doit s'inscrire dans un cadre budgétaire défendable, chaque prévision engage. Le référencement n'échappe pas à cette logique : il ne suffit plus de démontrer qu'une action est pertinente, il faut en estimer l'impact et le calendrier avec une précision inhabituelle.

Cette contrainte, que j'ai d'abord vécue comme une lourdeur, m'a rendu bien meilleur dans un exercice que beaucoup de référenceurs négligent : chiffrer ce qu'on propose.

Plusieurs marques, plusieurs marchés, un même index

Le groupe exploite eDreams, Opodo, GO Voyages, Liligo et Travellink, sur des dizaines de marchés. Cette configuration crée des problèmes qu'on ne rencontre pas ailleurs.

La cannibalisation, par exemple, ne se pose plus entre deux pages d'un même site, mais entre deux marques du même groupe qui visent la même requête sur le même marché. Les arbitrages deviennent politiques autant que techniques : quelle marque prioriser, sur quel marché, et comment expliquer la décision à l'équipe qui perd la position.

L'industrie du voyage ajoute sa propre complexité. La saisonnalité y est extrême, les inventaires changent en permanence, et une part importante du trafic porte sur des combinaisons de destinations et de dates qu'aucune page statique ne peut couvrir.

Ce qu'une grande structure apprend, malgré ses lenteurs

On critique volontiers les grandes organisations pour leur inertie. Elle est réelle : une modification qui prendrait une journée dans une startup peut demander des semaines de coordination.

Mais elles apprennent aussi des choses qu'on n'apprend qu'à cette échelle : documenter pour être compris par des équipes qu'on ne croise jamais, défendre un projet devant des interlocuteurs non techniques, composer avec des priorités concurrentes toutes légitimes. Ces compétences sont exactement celles qui manquent souvent aux profils très techniques quand ils accèdent à des postes de direction.

Post-scriptum : mars 2020

Une note personnelle sur la fin de cette période. En mars 2020, la pandémie a frappé l'industrie du voyage de plein fouet. Du jour au lendemain, des dizaines de milliers de voyageurs se sont retrouvés bloqués ou en attente de remboursement.

J'ai été réaffecté temporairement au département VIP Communication, pour renforcer le support client. Concrètement : accompagner des clients dans une situation qu'aucun d'entre nous n'avait anticipée, sans pouvoir toujours leur apporter la réponse qu'ils espéraient.

Ce n'était pas mon métier, et je n'ai pas choisi cette affectation. Avec le recul, c'est pourtant l'une des périodes qui m'a le plus appris. Entendre directement la voix du client, dans un moment de tension maximale, change durablement la manière dont on conçoit un parcours utilisateur.

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