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RankBrain : ce que l'annonce de Google dit, et ce qu'elle ne dit pas

Google a confirmé cette semaine à Bloomberg l'existence d'un système nommé RankBrain. L'information est mince, et pourtant elle est plus importante que la plupart des mises à jour annoncées cette année. Trois éléments méritent qu'on s'y arrête.

Publié le  Mis à jour le 
SEO 5 min de lecture

En quelques mots

  • Google confirme l'existence de RankBrain, système d'apprentissage automatique appliqué au classement.
  • Environ 15 % des recherches quotidiennes n'ont jamais été formulées auparavant : c'est le problème que le système résout.
  • Google le place au troisième rang de ses critères de classement, sans préciser les deux premiers.
  • Il n'existe aucune optimisation dédiée : le système comprend la requête, pas votre page.

C'est de l'apprentissage automatique appliqué au classement

RankBrain se distingue des filtres du type Panda ou Penguin, qui sanctionnent une pratique identifiée selon des règles écrites à la main. Il s'agit d'un système qui apprend à partir de données et ajuste sa compréhension sans qu'on lui dicte de règle explicite.

La différence est structurante. Un filtre se contourne ou se respecte. Face à un système qui apprend, la seule prise consiste à lui fournir des signaux plus clairs.

Il traite les requêtes jamais vues

Le chiffre le plus parlant de l'entretien accordé par Greg Corrado à Bloomberg : environ 15 % des recherches quotidiennes n'ont jamais été formulées auparavant. À l'échelle de Google, cela représente plusieurs centaines de millions de requêtes inédites chaque jour.

Jusqu'ici, face à une formulation inconnue, le moteur s'appuyait principalement sur la correspondance de mots. RankBrain transforme les mots en représentations mathématiques, ce que les chercheurs appellent des vecteurs, et rapproche une requête inédite de requêtes connues au sens voisin.

Concrètement, le moteur cesse peu à peu de chercher vos mots pour chercher votre intention.

Google le classe parmi ses trois signaux les plus importants

Corrado le place au troisième rang des critères de classement. Google ne précise pas quels sont les deux premiers, et cette discrétion en dit long.

Je prends ce classement avec prudence. Une déclaration à la presse ne vaut pas documentation technique, et Google communique volontiers par formules qui laissent de la marge. Même en tenant compte de cette réserve, positionner en trois ans un système d'apprentissage à ce niveau constitue un déplacement notable.

Ce que cela change pour notre travail, et ce que cela ne change pas

Un point mérite d'être posé d'emblée : on n'optimise pas pour RankBrain. Il n'existe ni balise, ni réglage, ni bonne pratique dédiée. Toute personne qui vous vendra une méthode d'optimisation RankBrain dans les mois qui viennent vous vendra du vent.

La direction se lit en revanche sans ambiguïté, et elle confirme ce que Hummingbird avait amorcé en 2013. La densité de mots-clés perd le peu de sens qu'il lui restait. Décliner mécaniquement les variantes d'une expression devient inutile, puisque le moteur les rapproche lui-même. Ce qui compte davantage : couvrir complètement un sujet avec le vocabulaire naturel de celui qui cherche, y compris les formulations que personne ne tape encore.

Je viens de rejoindre une plateforme de réservation hôtelière à Barcelone, et le sujet y prend une couleur particulière. Sur un site international, une même intention se formule différemment selon la langue et la culture. Un système qui rapproche les intentions plutôt que les chaînes de caractères devrait mécaniquement favoriser les contenus traitant bien un besoin, au détriment de ceux qui empilent des traductions littérales. C'est une hypothèse, et je la vérifierai.

Ce que je surveillerais

Regardez la part de votre trafic provenant de requêtes longues et inhabituelles, celles qui n'apparaissent qu'une ou deux fois dans vos rapports. Si cette part progresse alors que vous n'avez rien changé, le système opère probablement là.

Posez-vous ensuite la question qui compte : vos pages répondent-elles à une question, ou se contentent-elles de contenir des mots ? Dans cinq ans, on datera peut-être de cette annonce le moment où cette distinction est devenue décisive.

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